Pour ceux qui le connaissent de près, c’est tout sauf une surprise. Rudy Léonet publie son premier EP « DOT. » sur le label Freaksville Records
DOT. abrite quatre premiers titres originaux sur lesquels il a tout fait. De la musique électronique instrumentale qu’il a créée seul à la maison avec un Mac, un casque audio « de bonne qualité » et un clavier Korg MicroXL que Marc Morgan, l’ami de toujours, avait offert à la fille de Rudy quelques mois avant sa disparition. « A un moment donné, il faut céder à ses envies et c’était le bon moment », explique cette figure incontournable du monde des médias et de la culture pop.

Rudy explique plus en détails son envie derrière cet EP :« Cela faisait longtemps que je souhaitais enregistrer de la musique électronique dans un style radical. J’ai commencé à travailler chez moi en novembre 2019. L’idée initiale était de relever un challenge personnel sans aucune pression ni contrainte. Je le vois comme un projet de producteur avec tout ce que cela implique comme décisions sur les sons, les rythmes, les structures. Je me suis davantage laissé guider par les climats et les ambiances et les beats que par la quête intimidante de mélodies pops mais sans pour autant les ranger au vestiaire parce que c’est delà que je viens. DOT. parce que dans le monde digital les vrais choix c’est de décider où mettre le point. Un point mal placé et tout devient très différent. »

Loin de la pression de l’industrie du disque ou d’une quelconque stratégie marketing, DOT. est le EP résolument indie d’un passionné qui a patiemment appris à maîtriser les outils d’aujourd’hui tout en assumant ses influences musicales. Il raconte : « mes Beatles, c’est Kraftwerk ! Encore aujourd’hui, les albums de Cabaret Voltaire, les premiers Human League, Heaven 17, ceux de D.A.F., de John Foxx, du label Mute restent mes refuges. Des musiques d’anciens punks qui découvraient les machines et se les appropriaient d’une manière personnelle et non conventionnelle. Mais aussi très organique. C’est dans cet esprit DIY que j’ai conçu DOT. en y ajoutant de la modernité. » Dans l’atmosphérique Mermaid Project, l’expérimental Crazy Heart, le dansant Blue Dot ou le côté sombre de The Rower, on décèlera ici et là des traces de la cold-wave apparue à la fin des seventies et à l’aube des années 80. « Je travaille déjà sur la suite qui va sans doute se radicaliser ».

Quatre clips, également conçus par Rudy Léonet, viennent souligner le trait de ces compositions qui s’inscrivent, de manière inconsciente mais pourtant bien prononcée, dans une scène électro belge où l’on croise André Brasseur, Telex, Front 242, la new-beat, SoldOut, voire Soulwax. Avec en filigrane ce mélange toujours subtil de surréalisme, de détachement, de mélancolie et de singularité. So Belge.
Tracklisting :1. Blue Dot
2. Crazy Heart
3. Mermaid Project
4. The Rower

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